L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t1.14
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t1.14
- Language
- French
v2.c14.s2.t1.14
de la figure 347 a l'apparition de deux moines alors qu'il ne saurait avoir encore fondé sa Communauté, double exemple d'énigmes qui demeureraient insolubles hors l'hypothèse des donateurs. Mais à vrai dire, l'existence de ceux-ci n'a nullement besoin, pour s'imposer, de cette contre-épreuve si décisive soit-elle. Il suffirait du témoignage de nos yeux. Il ne se peut pas que, par contraste avec l'uniformité des icones, nous n'ayons été frappés de la variété de leurs adorateurs. Visiblement la pierre corrobore les données des inscriptions votives sur la diversité et parfois aussi le nombre des souscripteurs. C'est ainsi que nous rencontrons non seulement des moines et des laïques (fig. 347 *a* et *b*) mais encore, dans le cas d'offrandes faites en famille, « les femmes et les enfants » ou « les frères et les sœurs » associés à la bonne œuvre. De tels groupes familiaux, avec les différences d'âge et de sexe, de types et de costumes qu'ils comportent, se présentent apparemment déjà sur les figures 137, 211, 346 et 349. Celui qui figure sur le soubassement de la figure 77 compte un nombre impair de membres : à qui connaît le goût de nos artistes pour la symétrie, ce seul trait apparaît déjà comme une preuve flagrante de son caractère réaliste et non décoratif. Parmi les sept orants, nous relevons un moine, trois zélateurs laïques, deux femmes et un petit enfant. Sur la figure 348 les membres de la parenté se balancent de façon plus harmonieuse. A la gauche du Bodhisattva se tiennent le père et la mère. La femme qui suit celle-ci est-elle l'aînée des filles ou une sœur ? Le moine qui, de l'autre côté, paraît stimuler la dévotion de son voisin, est-il leur directeur de conscience à tous, ou simplement l'aîné des fils ou encore leur oncle ? Nous ne savons : mais nous pouvons en tout cas compter au moins quatre garçons et deux filles, nombreux espoir d'une pieuse maison. Surtout il nous apparaît clairement que ces gens ont posé devant l'artiste exactement comme ils feraient de nos jours en face de l'objectif du photographe. Ce point acquis légitime nos recherches et justifie notre espoir en leur avenir.