L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t1.45
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t1.45
- Language
- French
v2.c14.s2.t1.45
A ces remarques trop générales se borne pour l'instant tout ce que nous voyons d'essentiel à noter sur les figures « réalistes » du Gandhâra. Mais bientôt celles-ci ne manqueront pas de s'animer encore davantage par la comparaison avec les nombreuses têtes de même nature, récemment exhumées au Turkestan, et dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles leur ressemblent comme des sœurs(1). Un seul trait, à vrai dire, les différencie de façon constante : tandis qu'au Gandhâra l'œil reste toujours profondément enfoncé sous l'arcade sourcilière, à la façon indo-européenne, dans toute l'Asie centrale il affleure le visage, à la mongole, si même il ne proémine pas légèrement. Sans doute cette divergence a pu aller en s'accentuant pour une raison technique : nous faisons allusion à la facilité avec laquelle ces faces aux lignes molles et empâtées, sans creux ni saillies, se prêtaient à une exécution mécanique au moyen d'un seul moule; et nous savons en effet que ce procédé, peu employé au Gandhâra où la main-d'œuvre artistique n'était pas rare (cf. I, p. 196), était au contraire devenu courant dans la Sérinde. Mais, la part de ces contingences matérielles une fois faite, il n'en reste pas moins que sous cette différence de facture se décèle une déviation du sens esthétique, régie à son tour par une dissimilarité de race. Cette première constatation n'est pas pour diminuer la valeur ethnographique que nous nous plaisons à attribuer à ces modelages, ni l'espoir des bénéfices que l'on pourra tirer un jour de leur comparaison avec les productions gréco-bouddhiques de l'Asie centrale.