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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t1.9

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t1.9

Language
French

v2.c14.s2.t1.9

Mais ce sont surtout les prétendues «scènes d'adoration» dont nos sculpteurs ont exploité le caractère vague et neutre pour mettre leurs clients sur un pied de familiarité de plus en plus grande avec le Maître Nous nous sommes déjà expliqué plus haut sur les origines d'une partie de ces scènes (cf. I, p. 426) : si c'est un Buddha qui trône au milieu, elles relèvent, à notre avis, du fameux épisode de l'adhyasana ou « invitation » à la Prédication. Si au contraire le personnage central est un Bodhisattva, elles se rapportent à un autre épisode sur lequel nous nous reprochons de n'avoir pas suffisamment insisté en son temps, le samcodana ou « instigation » (1) au Grand départ. Des succédanés de l'une et l'autre scène sont par exemple réunis sur un piédestal de Calcutta (fig. 347) comme sur les deux compartiments supérieurs d'un pignon de Lahore (fig. 47) : mais la seconde est plus fréquente que la première. Ici encore il y a des degrés dans la liberté grande qu'a prise le sculpteur. Sur le fameux piédestal inscrit, dit de Hashtnagar (fig. 479), non seulement l'ordonnance générale à trois personnages de l'instigation a été respectée, mais, comme nous verrons plus bas (chap. XII), nous sommes bien véritablement en présence des dieux Indra et Brahmā encadrant le Bodhisattva; le donateur, simplement introduit en surnombre par la gauche, ne fait qu'assister à la scène en spectateur édifié. Mais bientôt les clients assument sans vergogne le rôle des dieux; il est clair qu'Indra et Brahmā ont dû leur céder la place sur l'adhyasana de la figure 347 b comme sur le samcodana des figures 347 a, 348 et 456 (cf. A.S.I., Ann. Rep. 1903-1904, pl. LXVII, 1 et 2). Désormais, tout comme sur les figures 77 et 346, voilà les donateurs placés sur le même plan que le Maître : encore se bornent-ils sur ces divers tableaux à ne fouler que la terre où nous vivons et sur laquelle le Bienheureux est descendu. Par une initiative plus hardie — mais aussi, semble-t-il, beaucoup plus rare — l'auteur de la figure 349 n'a pas craint de leur faire escalader le ciel des dieux Tuṣitas pour y adorer le Bodhisattva dès avant sa descente, alors qu'il est encore assis dans son paradis et sur son lotus natals (cf. fig 145 et I, p. 286)