L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t2.1
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t2.1
- Language
- French
v2.c14.s2.t2.1
Nous avons émis la prétention d'identifier, après les bourgeois, les dieux de la bourgeoisie; et nous avons déjà dit plus haut (II, p. 82) dans quelle couche moyenne de la mythologie, correspondant à la situation sociale de leurs adorateurs, nous avions le plus de chances de les rencontrer. Toutes les analogies nous engagent en effet à les chercher, eux aussi, dans la zone intermédiaire entre la plèbe et la noblesse divines, au-dessus des démons et au-dessous des dieux. Les Vaiçyas ont dû avoir leur mythologie, comme ils ont eu leur littérature. On conçoit aisément que les hymnes védiques, avec ou sans leurs commentaires, aient rebuté des gens dont ce n'était pas le métier; mais il faut croire que même les épopées royales, dont la bourgeoisie indienne fait aujourd'hui ses délices, ne la satisfaisaient pas encore entièrement; aussi Guṇâḍhya — pour nommer l'auteur en qui se personnifie le génie — écrivit-il à son intention et en dialecte populaire des contes à son goût avec des héros à son gré : « Les dieux ont le bonheur monotone; les hommes sont perpétuellement malheureux »; c'est pourquoi je veux vous conter des histoires de génies(1) » Ainsi l'intérêt littéraire se concentrait pour elle autour de Kuvêra, le dieu des richesses, et de sa cour de Yaksas et d'enchanteurs, il y a tout à parier que c'est également dans ce groupe