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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t2.23

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t2.23

Language
French

v2.c14.s2.t2.23

d'un turban, il suffit qu'à ses côtés nous apercevions — sur le genou et sous le bras d'un de ses serviteurs, qui a d'ailleurs tout l'aspect du coolie dont il tient le rôle — le symbole parlant du sac ou plutôt de l'outre¹ déversant des pièces de monnaie à pleine ouverture. A ce prince charmant s'oppose, comme une vivante antithèse, le génie adulte, barbu, hirsute, plus qu'à demi nu de la figure 365; mais quoi, il tient dans la main gauche une bourse, et celle-ci, si exiguë soit-elle, est assez pour que s'impose leur assimilation. A côté de ce groupe, qui associe le donneur d'or à la donneuse d'enfants et non plus seulement aux enfants qu'elle donne, vient à son tour se ranger, quoique isolé, le fragment de la figure 366, où le Yakṣa joint à la semi-nudité un visage jeune et imberbe (cf. fig. 379-381). Aucun de ces rapprochements ne fait difficulté; nous avons déjà vu Vajrapāṇi passer, sous l'inspiration du moment, par un jeu de transformations non moins variées; mais aussi nous ne trouvons dans tout cela rien de nouveau ni de passionnant. Apparemment nous en resterions là et nous nous résignerions à ne désigner cet autre Yakṣa que par un vocable tiré de son office, comme celui de Dhana-da ou de Dhana-pati, si tout à coup ne surgissaient devant nos yeux des figures incomparablement plus originales. Qu'elles appartiennent d'ailleurs à la même série, on n'en saurait douter : la plupart tiennent encore (fig. 386-389) ou tenaient jadis, avant que leurs mains fussent brisées (fig. 367-370, 379-385), l'insigne emblématique du genre de faveurs qu'en attendaient les fidèles. Le spécimen le plus caractérisé nous est fourni sans conteste par la figure 367. Il serait inutile d'insister sur l'impression de vie intense qui se dégage de ce port impérieux, de ce torse massif, de cette physionomie brutale. Elle nous convainc immédiatement qu'une pareille figure n'est pas une simple création allégorique, ou du moins qu'elle revêt tous les traits d'un personnage réel. A une image si individuelle on cherche instinctivement un nom propre : et tel est le prestige de l'art que, dociles, les archéologues se sont mis aussitôt en campagne pour lui en trouver un.