Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t2.44

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t2.44

Language
French

v2.c14.s2.t2.44

Que reste-t-il cependant des spéculations auxquelles nous nous complaisions, il n'y a qu'un instant, sur le caractère septentrional de certaines de nos statues ? Beaucoup plus qu'on ne pourrait penser Il va de soi que Pâñcika n'appartient pas moins que son maître et seigneur à la région du Nord¹, et qu'il en partage avec lui la garde Aussi est-ce de ce côté qu'il nous faudra rechercher l'origine de plus d'une particularité de nos sculptures Tel sera le cas, ainsi que nous l'avons déjà vu (II, p 94) pour les tuniques à manches, les culottes, les bottes ou les jambières des figures 386 389 ou des donateurs des figures 367, 369 et 370 La figure 527 comblera même notre attente en reproduisant jusqu'à la coupe bizarre de la cuirasse d écailles, en forme de camail à trois pointes, qui couvre la poitrine et les épaules de l'assistant de gauche sur la figure 367 Il vaut mieux d'ailleurs avouer de bonne grâce que la plupart de nos statues, pour armées qu'elles soient, n'ont rien de belliqueux ni de terrible C'est en vain que la figure 370 s'efforce encore de froncer le sourcil, et les figures 364 et 371 de mouvementer leur attitude elles ne nous impressionnent pas Quant au Pâñcika de Mardân (fig 369), avec sa face inexpressive, ses draperies étriquées, ses genoux symétriquement relevés, son torse comme empalé sur un axe perpendiculaire, il est déjà retombé dans une apathie tout indienne C'est toujours au pseudo-roi du musée de Lahore (figures 367-368) qu'il nous faut revenir il est décidément à peu près seul à nous retracer quelque ombre des farouches conquérants rants descendus des passes du Nord-Ouest et dont le prestige ne devait être que trop bien établi sur la population indigène. Encore faut-il examiner auquel de ces foudres de guerre il ressemble. Tout compte fait, il n'a d'« indo-scythe » que la lance, ce qui est peu; M Vogel l'a déjà remarqué: « Je n'ai pas réussi à découvrir une monnaie indo-scythe dont l'effigie royale présentât une attitude semblable à celle de notre statue. Qui plus est, dans le costume il n'existe aucune analogie, et même le visage, quoique décidément barbare, est très différent de la physionomie de Kanishka et de ses successeurs¹. » Aussi n'est-ce pas, à notre avis, sur les monnaies royales, pas plus indo-parthes qu'indo-scythes, qu'il nous faut chercher ce masque à la fois si rébarbatif et si attachant. Chose extrêmement curieuse à noter, c'est sur celles dites des « satrapes » — apparemment eux aussi de simples généraux — que nous le trouvons.