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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t2.50

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t2.50

Language
French

v2.c14.s2.t2.50

SA DOUBLE ÉVOLUTION. — Qu'est-ce qu'un texte pour un philologue ? — Tout. Qu'est-ce pour des peuples illettrés ? — Rien : et nous en allons en avoir la preuve. Mais déjà nous pouvons imaginer, d'après nos propres impressions, les sentiments des fidèles du Nord Ouest devant des images du genre de la figure 367 Si d aussi bons juges que MM Burgess, Grunwedel et Vogel ont voulu y voir suzerain en personne dans un si arrogant vassal? Ou, du moins, s'ils étaient retenus au Gandhâra sur cette pente fatale par leur familiarité avec les textes ou la persistance de la tradition orale, comment la tentation ne serait-elle pas devenue insurmontable à mesure que de telles idoles pénétraient plus loin dans le Nord, parmi des populations non moins simplistes, et encore plus ignorantes que nous des menues subtilités de la superstition indienne? Si nous remontons seulement jusqu'au Kapica, nous trouvons que le dispensateur des richesses en a été fort judicieusement constitué le gardien — à moins que ce ne soit là un simple retour à sa fonction initiale (cf plus bas, p 131) — et le nom de Yakṣa-râja, noté par Hiuan tsang pour ce génie, conviendrait beaucoup mieux à Kuvêra qu'à son général Mais déja à Bactres le pèlerin avait entendu et jeté sur ses tablettes une histoire tout à fait analogue(1) La aussi, une idole miraculeuse protège le trésor du monastère contre la cupidité des tyrannaux d'alentour mais, cette fois, pour la désigner, c'est le nom de Vaiçravana que, sans hésitation aucune, on a dicté à Hiuan-tsang Pourtant on ne saurait douter qu'il s'agit encore et toujours du même personnage, car c'est avec sa sempiternelle pique qu'il transperce en rêve le cœur du méchant khân qui voulait piller le couvent Ce n'est pas d'ailleurs la seule occasion que notre héros ait trouvée de se servir de son arme favorite Avec la même lance, il a fendu la ceinture de montagnes et desséché le lit du lac qui recouvrait le pays de Khotan mais, cette fois encore, il n'a travaillé que pour la gloire d'un autre, et c'est Vaiçravana que les témoignages tibétains font honneur de cet exploit(2). Abusant de la situation, le roi des génies s'est désormais approprié l'arme de son général(3), du même coup, il l'a dépossédé