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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t2.6

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t2.6

Language
French

v2.c14.s2.t2.6

Par bonne chance le Buddha lui-même s'est chargé de nous éclairer sur la psychologie de ses upāsaka. C'était, nous l'avons vu (I, p. 478), sa coutume, comme celle de tous les religieux errants de l'Inde, de payer son écot après chaque repas qu'on lui avait offert par quelque allocution édifiante; et s'il est une qualité que les textes ne se lassent pas d'attribuer à la prédication de leur Maître(1), c'est son opportunité pleine de tact et le sens exact des convenances particulières à chacun de ses changeants auditoires. Ils lui en font donner une première preuve au moment où il reçoit l'hommage des prototypes de ses fidèles laïques, Trapuṣa et Bhallika. De quoi va-t-il parler à ces deux marchands? Des quatre saintes vérités tout fraîchement découvertes, de l'absolue vanité de ce monde, de la nécessité du renoncement? Il n'a garde, car il n'aime pas perdre ses paroles et son temps. Ce « premier sermon », il le réserve à ses cinq anciens condisciples, intelligences déjà rompues aux questions métaphysiques et dès longtemps préoccupées par le problème du salut. Ce qu'en échange de leur riz il offre ici à ces âmes simples, c'est une formule de bénédiction pour la prospérité de leurs affaires commerciales : et cette formule consiste justement à invoquer la protection des génies, mâles et femelles, de tous les points cardinaux(2). Si le recours à de telles déités pouvait passer pour avoir été recommandé de la bouche même du Bienheureux, comment aurait-on songé à l'interdire aux fidèles qui ont eu le malheur de ne naître qu'apres son Parinirvâna? Une histoire édifiante, contée sans malice par le scrupuleux Yi-tsing¹, nous découvre la raison profondément humaine de ces devotions popu-