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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t4.32

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t4.32

Language
French

v2.c14.s2.t4.32

vement et selon les époques comme quotidiens bienfaiteurs des docteurs bouddhiques d'abord Mahākāla (p. 70 et 74) puis Jambhala (p. 220) et enfin Gaṇapati (p. 236). Les noms et les formes changent, le fond humain demeure Nous ne prétendons nullement que Pāñcika et Hāritī, ou leurs succédanés, aient été le grand dieu et la grande déesse du Bouddhisme. Il est au contraire bien entendu que le génie des richesses et la fée aux enfants, de quelque nom qu'il ait plu aux Indiens de les appeler, n'ont jamais tenu dans le panthéon qu'une place subalterne. On peut même dire, en un sens, qu'il en était de même dans l'art. Leur qualité de Yakṣa les prédisposait, dès l'origine, à garder décorativement les portes des couvents, tout comme ils faisaient déjà devant les vieux stūpa de l'Inde centrale, tout comme ils font encore dans les lamaseries du Tibet. Si, sous la poussée de la dévotion populaire — et sans doute avec la complicité des moines bouddhiques, peu ennemis, comme on sait, de l'abondance — ils ont fini, nous dit Yi-tsing, par forcer l'entrée de la cuisine et même du réfectoire, il y a encore loin de là aux honneurs d'un trône sur l'autel principal d'un temple. Ils n'ont jamais été que des demi-dieux. Mais justement ils n'en sont que plus aisément devenus les iṣṭa-devatā, les divinités patronnes de la moyenne des fidèles; et par suite ils auront vu leur image commandée par la majorité des donateurs. Nous n'avons pas voulu dire autre chose. C'est une question, non de dignité, mais de popularité, non de préséance, mais de nombre. Là gît leur incontestable supériorité. Leurs images décoraient à foison, et sans distinction de sectes, les sanctuaires jainas (cf. fig. 595) aussi bien que bouddhiques. Elles pullulent dans les vérandas ou sur la façade des « temples-caves »(1); elles sont légion dans les galeries de Mathurā(2) et de Lakṣmaṇ, de Calcutta et de Lahore; c'est par dizaines qu'elles sortent des fouilles du Gandhâra. Tel est le fait sur lequel on ne saurait trop insister et que tout étudiant de l'iconographie ancienne de l'Inde, qu'il explore les sculptures des monuments ou catalogue les collections des musées, fera bien d'avoir présent à l'esprit¹.