L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t5.15
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t5.15
- Language
- French
v2.c14.s2.t5.15
Ou du moins telle est la constatation que nous avons dû faire dans l'Inde; et dans la Haute-Asie même, où nous l'avons suivi, nous avons dû admettre que, si Vaiçravaṇa y prend une physionomie caractérisée et une allure belliqueuse, c'est qu'il les a empruntées à son propre général. Mais là ne se borne pas l'influence que ce dernier a exercée sur l'iconographie du Turkestan et de l'Extrême-Orient. De même qu'au type « à la coupe » nous venons de rattacher quantité de figures du panthéon postérieur, le type « à la lance » ne devait pas engendrer une moindre lignée d'images; mais celles-ci se sont multipliées sous des noms différents, et, cette fois, le rapport est purement plastique. Le tour est d'abord aux trois autres rois de revêtir le même attirail guerrier, et les voici à présent qui arborent, eux aussi, armes et armures. L'un d'eux, Virûḍhaka, a même adopté et gardé jusqu'en Chine le casque en forme de tête d'éléphant à la trompe relevée, dont se coiffe déjà sur ses monnaies Démétrios(2), fils d'Euthydème, « roi des Indiens » (pl. III, 5). Bientôt la contagion de cet appareil militaire gagne Vajrapâṇi; c'est botté, cuirassé, casqué, qu'il escorte désormais le Buddha sur les fresques du Tourfan(3). Assurément il lui arrive déjà sur les bas-reliefs de ceindre parfois l'épée (II, p. 58). On peut