L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t5.21
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t5.21
- Language
- French
v2.c14.s2.t5.21
des quatre gardiens du monde, auxquels il prête expressément tout un arsenal d'armes et de cottes de mailles voire un plumet Leur transformation guerrière n'est donc pas si l'on veut, sans racines dans les textes; mais il faut avouer que sur les monuments gandhâriens elle est à peine amorcée. Dans l'Asie centrale elle fleurit au contraire et s'étend bientôt indistinctement à toute l'armée des génies. Est-ce à la faveur de l'assonance des syllabes finales qu'elle s'est ainsi propagée du simple « gardien » de trésor (dhana-pâla) à ceux du monde (loka-pâla), et de ceux-ci à ceux de la bonne loi (dharma-pâla)? Toujours est-il que ces derniers forment à eux seuls, dans le panthéon lamaïque, un bataillon sacré et littéralement armé jusqu'aux dents. Ce n'est pas ici le lieu de les passer en revue : c'était celui d'indiquer comment une image gréco-bouddhique a pu indirectement faire souche, dans un milieu plus farouche, d'une pareille bande de reîtres — peut-être aussi de rappeler à leur propos les « saints guerriers », équipés à l'antique, de l'art byzantin¹.