L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t1.28
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t1.28
- Language
- French
v2.c14.s3.t1.28
Il convient encore de s'arrêter avec quelque complaisance devant l'édifice soigneusement élaboré de la coiffure masculine(1). Tantôt la tête est nue (cf. fig. 392, 395, 418, etc.): et alors elle est surmontée d'un savant assemblage de cheveux, de cordons de perles et de bijoux, sans aucun mélange d'étoffe. La chevelure n'est plus seulement relevée comme chez les femmes (cf. II, p. 98): le simple nœud devient un chignon analogue au crobyle et déploie un art non moins raffiné que celui de l'Apollon du Belvédère, tandis que les longues boucles sont roulées au-dessus des oreilles et retombent sur le côté en flottantes papillotes. Mais souvent aussi nos personnages portent, par-dessus ce chignon, un turban fort ornementé (cf. fig. 394, 396-397, etc.). Le point le plus curieux peut-être est que ce dernier se posait sur la tête comme un chapeau(2). Quand le Bodhisattva veut pour tout de bon «sortir» de la maison paternelle, nous avons vu son écuyer, le fidèle Chandaka, lui apporter sa coiffure toute prête (fig. 178 a, 180 b, 447), quitte à la reprendre un peu plus tard des mains de son maître, quand celui-ci se découvre à jamais la tête, selon la coutume des religieux (fig. 184-185; cf. 186). Si nous n'étions pas les témoins oculaires de ces faits et gestes, nous les reconstituerions par ouï-dire. Quand Dévadatta, monté sur un éléphant, se rendit en hâte auprès du Bienheureux, lors du retour de ce dernier à Kapilavastu, son mukuta resta, nous dit-on(3), accroché à un des crampons de fer qui dépassaient de la porte de la ville : cet incident provoqua naturellement une vaste hilarité parmi le peuple; mais il ne s'explique que si le turban du prince était assez aisé à enlever et surtout complètement indépendant de ses cheveux : sans quoi lui-même fût resté suspendu, comme Absalon.