L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t1.32
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t1.32
- Language
- French
v2.c14.s3.t1.32
On conçoit d'ailleurs qu'on ne pût refaire aisément soi-même et à chaque fois un édifice aussi compliqué et décoré d'or, de perles et de diamants¹. Le tout était ordinairement surmonté d'un bouffant d'étoffe, dont les plis arrondis en éventail étaient maintenus par une broche. Le seul bijou de ce genre qui ait été conservé est l'agrafe de Calcutta que nous venons de citer. Elle représente notre couple tutélaire debout, plus qu'à demi nu et au moment d'échanger un amoureux baiser (cf. p. 155 n. 1, et 181). Chose curieuse, elle aurait été, dit-on, trouvée sur le turban d'un soldat afghan, comme si le sens de sa destination primitive ne s'était jamais perdu. Un modèle des plus courants sur les statues est celui du Nâga ravi par un Suparṇa (cf. fig. 320, 398; pl. I et fig. 415). Mais il arrive aussi que cette broche soit faite d'une figurine du Buddha (fig. 399) : du moins les dernières fouilles en ont-elles fourni des échantillons dont nous verrons tout à l'heure l'intérêt au point de vue iconographique (p. 243 et fig. 429). Parfois cette sorte d'aigrette prend la forme d'un cercle complet orné au centre d'une tête de lion (fig. 396; cf. à Mathurâ, fig. 495); ailleurs elle semble avoir suggéré spontanément l'idée de la traiter comme la queue éployée d'un paon. Le poitrail et le bec de l'oiseau devaient alors constituer le motif d'orfèvrerie et former une saillie fort décorative² : mais celle-ci ne nous parvient que brisée, si bien que nous n'osons rien affirmer (fig. 397). Au-dessous du bouffant (perdu sur la figure 394) s'ajustait étroitement à la tête la coiffe du turban. Sur la statue du Louvre, par exemple (pl. I), elle est visiblement faite de trois gros tours d'étoffe garnis sur les côtés d'une petite bande plissée qui s'insère entre eux transversalement, comme pour les empêcher de se déplacer et de se confondre. Au ras du front deux petits génies ailés soutiennent un médaillon suspendu à des guirlandes(1). Ailleurs (fig. 393-394) nous retrouvons les griffons appliqués en repoussé sur un bandeau enrichi de pierreries. Le tout était serré en arrière au moyen de rubans; et quelquefois, par un procédé renouvelé des monnayeurs, les quatre extrémités de cette double bandelette sont figurées flottant au vent sur l'orbe nu du nimbe(2) (pl. I et fig 417; cf. pl. III, 7).