L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t1.35
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t1.35
- Language
- French
v2.c14.s3.t1.35
RAJAPUTRA ET DEVAPUTRA. — Les observations qui précèdent nous permettent de dépêcher en bloc cette grande quantité de figurants qui tapissent la plupart de nos bas-reliefs, sans y jouer d'autre rôle que de tenir respectueuse compagnie au Maître. Tous témoignent de leur piété, soit en tenant les mains réunies, soit en faisant pleuvoir des fleurs. Non contents de répéter machinalement les mêmes gestes, tous ont revêtu le même type élégant et banal du laïque de bonne caste : et c'est en quoi ils diffèrent de la pittoresque variété des donateurs (cf. plus haut, II, p 86 et suiv.). A la fois confits en dévotion et recherchés dans leur toilette, la seule chose que leur aspect extérieur nous garantisse, c'est qu'ils sont gens de très haute condition et parfaitement bien pensants : dès lors nous comprenons pourquoi il nous a été loisible, selon les cas, d'y reconnaître tantôt des hommes, tantôt et plus souvent des dieux. Parfois, en effet, ceux-ci occupent tout le tableau (cf fig. 213); là même où le devant de la scène est, à raison des nécessités du sujet, dévolu aux hommes (cf. par exemple fig. 220 et 277), le second et, s'il y en a un, le troisième plan, dont les personnages sont de par les lois de la perspective remontés au-dessus des rangs précédents, semblent naturellement réservés à des êtres divins et,