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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t2.2

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t2.2

Language
French

v2.c14.s3.t2.2

Avouons tout de suite que la question ne se pose plus de la même façon que tout à l'heure à propos des génies. En vain nous avons tenté d'interroger captieusement les textes sur les dieux les plus populaires et dont, par conséquent, nous avons le plus de chance de retrouver des statues. Ce n'est pas que les passages manquent où les plus orthodoxes soient amenés à nous le découvrir sans y penser. Un chapitre célèbre du *Lalita-vistara* (1) — mais fort suspect, à nos yeux, d'un arrangement tardif — celui de la « présentation de l'enfant Buddha au temple », nomme parmi les idoles qui se prosternent devant lui « Çiva, Skanda, Nârâyaṇa, Kuvêra, Candra, Sûrya, Vaiçravaṇa (sic), Çakra, Brahmâ, les Lokapâlas, etc. ». Souvent aussi l'éclatante beauté du Buddha fait que les gens doutent s'ils ont affaire à un simple mortel et non pas plutôt à Vaiçravaṇa, Mâra, Indra, Rudra, Kṛṣṇa, Candra ou Sûrya (2). D'autre part, à chaque fois que des parents en mal de postérité ou des navigateurs en péril de mer invoquent leurs divinités favorites, les noms qui reviennent toujours sur leurs lèvres sont ceux de Çiva, Kuvêra, Çakra et Brahmâ (3)... Mais cette fois, si les textes sont complaisants, c'est au tour des monuments de se montrer rétifs. Par le fait, nous ne possédons d'autres vestiges de l'art « gréco-brahmanique » que ceux dus au zèle des deux grandes sectes hindoues, dès lors constituées, celles des Mâhêçvaras çivaïtes et celle des Bhâgavatas kṛṣṇaïtes. Encore sur Çiva et Skanda, sommes-nous réduits au témoignage plastique des monnaies (4). Avec Viṣṇu-Nârâyaṇa-Kṛṣṇa, nous sommes un peu plus heureux, si du moins c'est bien lui qu'il faut reconnaître dans un « Héraklès au lion de Némée » de Mathurâ comme sur une intaille gandhârienne¹. Quant à Candra et Sûrya, à Kuvêra-Vaiçravaṇa et aux Lokapâlas, il a déjà été question plus haut de ces divinités en somme inférieures. Restent comme grands dieux Mâra, Indra-Çakra et Brahmâ, c'est-à-dire tout juste ceux que nous savons d'autre part pourvus d'un rôle actif dans la légende bouddhique.