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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t2.27

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t2.27

Language
French

v2.c14.s3.t2.27

Ici ils se combinent dans un même être. Puissance à la fois productrice et destructrice, c'est la fonction et la raison d'être de Mâra que le monde continue perpétuellement à renaître pour périr à nouveau et recommence sans fin le cycle de l'existence mortelle; et c'est pourquoi il tient qu'en attendant le trépas, « la vie est faite pour être vécue (3) ». Par suite il est l'adversaire naturel du moine qui, jetant l'anathème à l'Amour pour échapper à la mort comme à la vie, « est venu apporter la fin du monde » et ruiner son empire jusque dans ses fondements. On devine à quel point ce rôle d'ennemi du Maître et de la Bonne Loi devait aggraver aux yeux des fidèles le mauvais côté de son équivoque nature : car enfin « s'il bâtit la maison (4) », ce n'est que pour la démolir, et, même quand il se présente comme l'Esprit de vie, il n'est que le masque de la mort : « Chez lui, comme l'a si bien remarqué M. Senart (5), la synthèse du caractère démoniaque et du caractère divin est justement l'un des traits les plus frappants. » Et en effet cette dualité du tentateur se reflète jusque dans le double aspect des scènes de tentation.