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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t3.10

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t3.10

Language
French

v2.c14.s3.t3.10

Véhicule ». Cette voie supérieure, chacun le sait, est celle que choisit le fidèle, candidat à la Bodhi et brûlant de se consacrer au salut de l'humanité entière, de préférence à la carrière moins noble, embrassée par le moine oisif qui n'aspire qu'au titre de saint (arhat) et ne se soucie que de son propre nirvana Bouddhiste, cette conception nouvelle de la morale ne l'est plus, à vrai dire, qu'en ce qu'elle persiste à se modeler sur l'imitation du Buddha, mais du Buddha avant son illumination, avant même son entrée en religion, au temps de sa jeunesse et de sa vie conjugale, ou encore à l'époque de ses existences antérieures. Si elle ne va pas jusqu'à substituer absolument l'idéal laïque à l'idéal monastique, elle exalte du moins — tout comme la *Bhagavad-gītā* — l'homme vertueux qui est resté dans le monde aux dépens de celui qui en est sorti. Non contente de revendiquer pour le premier le droit au salut, elle proclame encore la supériorité du procédé qu'il emploie pour l'atteindre et qui ne tend à rien moins qu'à la suprême perfection, poursuivie d'âge en âge, à coup de sacrifices, à travers une série incalculable de renaissances. Pour le guider et le soutenir dans la longue et dure voie où l'engage un vœu solennel, le débutant comptait sur l'intervention et la grâce efficace des Bodhisattvas, ses précurseurs. Déjà voisins du but, ces êtres surnaturels, inférieurs aux seuls Buddhas (que tout de même on n'osait détrôner), passaient pour bien supérieurs aux dieux de la vieille mythologie. Il s'ensuit aussitôt qu'au point de vue extérieur — celui qui, reconnaissons-le à sa honte, intéresse avant tout l'archéologue — « le culte des Bodhisattvas » devint, ainsi que le fait judicieusement remarquer Yi-tsing¹, la marque distinctive de la « grande doctrine », et qu'enfin ce culte ne pouvait manquer de se traduire aux yeux par le nombre croissant des images du héros laïque dans toute sa gloire.

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