L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t3.16
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t3.16
- Language
- French
v2.c14.s3.t3.16
marquée sur les monuments gandhāriens qu'elle l'est dans l'ouvrage en question (cf I, p 439), si nous a déjà paru en avance sur nos bas reliefs comment ne pas se demander si ne l'est pas également sur nos images? Remarquons d'ailleurs que le *Lalita* vistara ne nous parle des Bodhisattvas que dans son préambule. Là même, il n’en porte le nombre qu’à trente-deux mille (une misère) et n’en nomme que huit, à commencer par Maitrêya. Une pareille modération, à qui se souvient des chiffres extravagants avec lesquels aiment à jongler les textes proprement mahâyâniques, démontre assez la timidité d’un premier début. De fait, dans les fragments prâkrits ou sanskrits des canons des Mahâsânghikas et des Mûla-Sarvâstivâdins qui forment le Mahâvastu et le Divyâvadâna, pas plus que dans le canon pâli des Sthaviras, il n’est toujours question, en dehors des divers avatârs de celui qui fut finalement notre Çâkya-muni, que de son successeur immédiat, mais encore à venir, Maitrêya. Cette constatation nous est un avertissement qu’il faudrait de bien fortes raisons pour en reconnaître d’autres que ces deux-là parmi nos statues, ou du moins les plus anciennes d’entre elles. En même temps, elle nous enseigne de toute évidence que le point de départ des spéculations mystiques comme des créations iconographiques postérieures doit être cherché dans la conception et l’image qu’on se faisait de celui qui fut le Bodhisattva initial et qui est longtemps resté « le Bodhisattva par excellence »¹. C’est donc aussi par lui que nous devons commencer notre étude.
Cites (3)
- Mahāvastu — Sanskrit
- Divyāvadāna — Sanskrit
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit