L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t3.26
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t3.26
- Language
- French
v2.c14.s3.t3.26
(fig. 175-176; cf. 353), il suffira d'ajouter la figure 413, où le motif achève de se transformer en statue sans perdre pour cela le *lakṣaṇa* du laboureur ni même l'ombrage de l'arbre. En revanche, distrait par les jeux et les fêtes du mariage, nous n'avons pas suffisamment prêté attention à la seconde de ces scènes, en dépit du grand nombre des répliques qui en attestent la popularité. Nous l'avons notamment méconnue sur la figure 466, qui la place aussitôt après la Nativité, en sautant toutes les scènes intermédiaires de l'enfance et de la jeunesse. Il s'agit de ce *samcodana*¹, de cette « instigation » à quitter le monde, que les dieux adressèrent au Bodhisattva en un moment des plus critiques : une nuit de plus, et, celui-ci se réveillant empereur, notre monde était privé de Buddha. La situation était donc non moins grave qu'après la Bodhi, quand le Maître faillit se refuser à prêcher sa doctrine (I, p. 420); et c'est pourquoi, par un rapprochement qui s'imposait aux ciseaux des praticiens comme aux consciences des fidèles, le *samcodana* est le pendant naturel de l'*adhyeṣaṇa*, l'« Instigation » au Départ de la « Sollicitation » au Prêche. On comprend encore comment l'un et l'autre motif ont été vite conçus sous forme de triades décoratives, alternant sur la même frise ou stèle (fig. 47, 347, peut-être 215 cf. *A. M. I.*, pl. 102, 4), et nous avons vu bientôt les donateurs paraître d'abord incidemment (fig. 479), puis prendre aux côtés du candidat à la Bodhi comme à ceux du Buddha parfait la place des divinités orantes (fig. 347-348).