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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t3.55

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t3.55

Language
French

v2.c14.s3.t3.55

tion. On montrait près de Bénarès le lieu où elle avait été énoncée, et les générations postérieures tenaient même, par une confusion presque inévitable, que Maitrêya l'avait reçue en ce lieu de la bouche du dernier Buddha(1). Nos textes usuels ne connaissent rien de pareil. Le Lalita-vistara nous montre seulement, dans un passage à nos yeux fort suspect, le futur Çâkya-muni, au moment de sa suprême descente sur la terre, sacrant de sa main son successeur et, ayant enlevé de sa tête le turban dont elle était couronnée, il le plaça sur la tête de Maitrêya(2). Aussi bien ce dernier devait-il avoir normalement l'aspect d'un deva du ciel des Tuṣitas (cf. fig. 145). La nécessité de le distinguer expressément pour répondre aux pieuses exigences et satisfaire aux commandes des fidèles en a, comme nous venons de voir, décidé autrement. Encore l'ingéniosité des artistes n'a-t-elle pu aller plus loin que d'attribuer au futur brahmane les attributs de Brahmâ : seuls l'isolement de l'image et le caractère particulier du piédestal empêchent la confusion avec cette dernière divinité. C'est ainsi que sur les figures 418-420 l'analogie des figures 77 et 457 nous fait en définitive reconnaître Maitrêya, grâce à son chignon plus ou moins emperlé et à son flacon plus ou moins ciselé. La garantie est même si forte que nous ne nous sentons pas arrêté par le fait que sur le socle de la figure 418 nous retrouvons, comme tout à l'heure sur celui des images de Siddhârtha (ou de Viçvantara), l'adoration du vase à aumônes du Buddha (pl. I et fig. 417). Viendra-t-on dire en effet que cette indication ne peut pas être l'effet d'une habitude machinale de l'artiste et qu'elle doit recéler une intention ? Qu'à cela ne tienne : d'après une tradition dont Fa-hien s'est fait l'écho, le pâtra de Çâkya-muni doit un jour servir à Maitrêya(3). Comme un pas dans cette voie en entraîne un autre, il nous est dès lors bien difficile de ne pas ranger sous le même nom les mêmes images, quand elles se présentent assises au lieu d'être debout (fig 421 422), et enfin parmi les figures assises — dont le nombre est relativement considérable, — nous ne voyons pas que, dans une iconographie encore si peu fixée, on puisse fonder une différence d'identité sur le fait que l'artiste, au gré de ses souvenirs ou de sa fantaisie, leur a attribué tel geste ou telle

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