L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s3.t3.83
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s3.t3.83
- Language
- French
v2.c14.s3.t3.83
Ainsi visiblement naquit d'eux le contingent de statues en qui nous ne pouvons plus reconnaître sûrement ni l'un ni l'autre (cf. fig. 425-429 et 79); mais, hélas, leur mode de pullulement ne nous renseigne pas sur les attributions nouvelles. Prenons pour exemple le cas le plus favorable, celui de ces groupes symétriques où l'identification d'un seul personnage peut parfois entraîner celle de ses voisins. L'autorité des textes nous a d'abord contraints à reconnaître aux côtés du Bienheureux les dieux Indra et Brahmâ, et cela est vrai sans doute des plus anciennes répliques. Mais voici que sur les figures 405 et 408, l'ûrnâ paraît sur le front des deux assistants. Si ce n'est pas là le fait d'une inadvertance machinale, il en résulte aussitôt que la vieille représentation du miracle de Çrâvastî s'est transformée en la trinité d'un Buddha entre deux Bodhisattvas. D'accord, mais lesquels ? Appellerons-nous Hiuan-tsang en consultation et les baptiserons-nous Maitrêya et Avalokitêçvara parce qu'il a parfois noté qu'ils se font pendant(1)? Prêterons-nous l'oreille aux suggestions de textes relativement tardifs et croirons-nous reconnaître, en même temps que le Buddha Amitâbha sur son lotus, ses ordinaires acolytes Avalokitêçvara et Mahâsthâmaprâpta ? Mais alors cela se verrait, nous avertit-on, « par un simple regard jeté sur les marques de leur tête (2) ». Finirons-nous enfin par où nous aurions dû commencer et les chercherons-nous, sans descendre plus bas, parmi les huit que le Lalita-vistara cite ? Cette méthode est sans doute la meilleure; mais qu'elle est mal récompensée ! Relisez ces huit noms : ils sont tous plus édifiants les uns que les autres; malheureusement il se trouve que la postérité n'en a retenu qu'un seul et c'est justement celui du seul Bodhisattva vivant dont au Gandhâra nous ayons pu sûrement identifier l'image, à savoir Maitreya.
Linked texts (1)
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit