L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s4.16
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s4.16
- Language
- French
v2.c14.s4.16
riels, d'ailleurs modestes et aisés à satisfaire sous ce climat l'Inde a toujours trouvé cette sorte de division du travail parfaitement légitime Encore y a-t il pour eux plusieurs façons de se consacrer à la religion, soit qu'ils se bornent à user du privilège héréditaire de servir d’intermédiaire entre les dieux et les hommes et officient comme chapelains (purohita) pour le compte du roi ou de ses sujets; soit qu’ils se fassent anachorètes des bois (vana-prastha(1)) et se retirent pour mener au fond des ermitages une vie de macérations et d’études; soit enfin que, dans un esprit de renoncement encore plus sublime, ne gardant même plus un toit pour abriter leur tête, ils courent les grands chemins en qualité de parivrajaka. Dans ce dernier cas, il est bien clair qu’ils donnent l’exemple aux çamanes eux-mêmes. Quelque part que les autres classes, et notamment celle des ksatriya, aient prise au mouvement qui poussait alors les « fils de famille » vers les ordres monastiques, nobles et bourgeois ne font qu’entrer dans une carrière où les brahmanes les avaient déjà précédés. Les Bouddhistes sont les premiers à proclamer cette priorité dans toute leur phraséologie: C’est par le mot de pravrajya qu’ils désignent leur propre ordination, et par celui de brahmacarya l’observance de leurs vœux de châsteté et de pauvreté; et même après qu’ils se sont approprié le vieux terme de bhiksu et ont créé leur modèle du saint arhat, le nom de brahmane reste pour eux l’expression la plus haute du religieux idéal (2). Entre le parivrajaka et le bhiksu, l’« errant » et le « mendiant », qui d’ailleurs étaient tous deux et à la fois l’un et l’autre, il n’y avait évidemment qu’une ligne de démarcation plus théorique que pratique. Aussi ne faudrait-il pas ranger ici sous la rubrique brahmana tous les religieux qui sont brahmanes par la naissance, car on comptait nombre de ces derniers parmi les disciples du Buddha, à commencer par les deux plus grands Nos textes entendent seulement ceux qui, nés dans la caste brahmanique, persistaient en outre et avant tout à se réclamer de l’autorité des « Trois Vêdas », et; subsidiairement, continuaient soit à pratiquer quelques rites tels que l’entretien du feu sacré, resté cher aux anachorètes, soit à observer dans leur nourriture et jusque dans leurs quêtes les règles cérémonielles de la pureté(1)