L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s4.9
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s4.9
- Language
- French
v2.c14.s4.9
l'immémoriale nécessité pour l'ascète, qui ne possède plus rien, de posséder en propre un vase où recevoir les aumônes(1) C'est qu'en effet, quel qu'ait été jadis leur rang du temps où ils vivaient dans le monde, les religieux ont renoncé à leur statut social En un sens, ces çramaṇa, comme on les appelle, sont une sorte de parias supérieurs, parce que volontaires. Encore comptaient-ils parfois dans leurs rangs jusqu'à des parias de naissance, au grand scandale des gens de condition(1). Tels quels, ils n'en jouissaient pas moins à cause de leur renoncement, réel ou supposé, d'un prestige considérable sur l'âme populaire. Ils en jouissent toujours. Comme au temps de Mégasthène (vers 300 av. J.-G), « Brahmanes et Çramanes(2) » continuent à se partager la direction religieuse de l'Inde, et, autre trait commun, à vivre de la générosité des fidèles; et toujours, comme il est humain, entre ces deux catégories de médecins des âmes subsiste une rivalité avouée — assez analogue, toutes proportions gardées, à celle qui existerait, dit on, sourdement en Europe entre nos clergés séculier et régulier. Mais en dépit, ou plutôt à raison de cette rivalité même les textes associent constamment, dans une expression toute faite, « brāhmaṇas » et « çramaṇas » : et c'est ainsi que nous nous trouvons devoir parler, à la fois et sous le même titre, des membres de la caste suprême et des « hors caste ».