L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.18
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.18
- Language
- French
v2.c14.s5.18
(1) Cf plus bas au début du chapitre xv avouer qu'il est impossible de parler, à propos de l'école gandhârienne, de processus régulier et suivi¹. L'influence étrangère qui a présidé à la naissance de cette intruse était trop forte pour n'avoir apporté avec soi que la moitié de son bagage artistique. En, quoi le fait que le bas-relief pittoresque ou anecdotique était devenu l'article le plus demandé² empêchait-il le sculpteur hellénistique de continuer à tenir son vieil assortiment de statues? Il a aussi bien pu, selon l'occasion, débuter par une image du Buddha que par une scène de sa vie, indifféremment. Après tout il n'était ni plus ni moins difficile, au point de vue de l'artiste créateur, de camper le type pour un emploi que pour l'autre. N'avons-nous pas vu³ comment chaque alvéole de la ruche monastique se prêtait aussi bien, selon le gré du donateur, à abriter une idole qu'un moine? Qui peut même savoir si la première commande ne fut pas passée par un Yavana, soit converti, soit simplement désireux de placer l'image du sage indien sur son autel domestique, à côté de celles de Pythagore ou de Socrate, d'Épicure ou de Zénon? Mais où s'arrêter dans le champ infini de la conjecture?... Il est fort à craindre que nous ne sachions jamais exactement par quel bout l'on a entamé l'art gréco-bouddhique. Et peut-être aurions-nous dû nous dispenser de soulever une question oiseuse, puisque insoluble, s'il n'y avait toujours et quand même avantage à remuer les faits et les idées, ne fût-ce qu'en vue de préparer les solutions de l'avenir.