L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.8
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.8
- Language
- French
v2.c14.s5.8
vérifiées par le contrôle des monuments car si tel a bien été le processus suivi par l'école du Gandhâra, il ne se peut pas que quelque trace n'en subsiste dans son œuvre Et il semble effectivement que nous puissions suivre pas à pas les progrès de la dissimilation progressive qui, de tel membre privilégié de la troupe a fini par faire un être susceptible de vivre à part dans le superbe isole ment d'un sanctuaire. Si rares que soient les bas-reliefs qui assignent à tous leurs personnages une taille égale, en revanche ils sont, à en juger par l'excellence de leur facture, parmi les plus anciens (fig. 151-152, 179, 239, etc.). Mais bientôt nous avons dû noter(1) une tendance croissante à exagérer les proportions des protagonistes par rapport à celles des simples figurants. Le fait s'observe pour Mâyâ (fig. 154, 164 a) aussi bien que pour le Bodhisattva (fig. 164 b, 175-176, 460), et se reproduit comme de règle constante à propos du Buddha. Les motifs légendaires de Loriyân-Tangai (fig. 213, 220, 271, etc.) et de Sikri (fig. 194, 197, 212, 254, etc.) sont tous traités selon cette même formule. N'était l'analogie des autres compositions, on se demanderait devant certaines d'entre elles (fig. 233 ou 246, par exemple) si les assistants, humains ou divins, sont bien censés avoir affaire au Buddha vivant ou simplement à son image géante, mais inanimée. De même devant certaines représentations du « Grand Miracle de Çrâvastî », on hésiterait à dire si cette scène évidemment mythique est de légende, ou simplement de culte (fig. 79, 459). Nombre de ces dernières tournent d'ailleurs au simple groupe d'icones (fig. 405-408; cf. les personnages détachés, fig. 409-413). Mais voici plus intéressant encore à ce point de vue. Les fouilles de Sahri-Bahlol viennent de fournir quelques morceaux qui ne sont, à proprement parler, que des statues accompagnées et n'en prétendent pas moins figurer des sujets légendaires. C'est ainsi que sur la figure 461 l'analogie des figures 225 a, 226 et 257 a, sans parler d'autres trouvailles nouvelles, permet de reconnaître sûrement l'épisode du Buddha présentant aux trois frères Kâçyapas le serpent remisé dans son bol. Or, pour isoler décidément l'idole, il est visible qu'il suffisait ici de casser le socle en deux. Un moyen transactionnel consisterait à faire descendre la scène sur le piédestal : et l'on a eu en effet recours à ce procédé pour un des épisodes de cette même légende(1) et pour d'autres encore. Nous avons déjà vu (fig. 413) les assistants et accessoires de la « Première méditation » se réfugier ainsi sur la face antérieure du trône du Bodhisattva. Cette fois l'évolution est terminée. La statue s'est définitivement débarrassée de son cadre pittoresque; il ne lui reste plus qu'à sortir définitivement de la stèle natale pour s'achever enfin en ronde-bosse... Mais au dernier moment, et comme pour mieux attester son origine, elle reste prise par le dos(2).