L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t3.12
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t3.12
- Language
- French
v2.c14.s5.t3.12
part avouer qu'au Gandhâra comme ailleurs son histoire reste assez obscure. Le témoignage même des monnaies n'y apporte pas toute la clarté qu'on aurait pu espérer Sur les pièces grecques et scytho-parthes de l'Inde, on ne trouve de nimbe qu'autour des le visage du Maître, et l'Açokavadâna (1) spécifie bien « la gloire large d'une brasse » revêtait l'aspect d'une circonférence. Telle est en effet sur les plus anciennes de nos sculptures la forme immuable du nimbe, et — là où elle paraît (cf. fig. 140, 459, 463) — de l'auréole. La lourdeur de ces disques de pierre a fait ingénieusement supposer à M. le professeur A. Grünwedel qu'un encadrement si incommode pour une statue devait être dû à l'imitation directe des peintures (2). Notons que le cumul de l'auréole et du nimbe, fréquent dans l'iconographie postérieure, pour rare qu'il soit au Gandhâra, n'y est pas sans exemples. Sur les figures 76 et 405 (3) tous deux gardent même la forme ronde que décrivent les vieux textes. On ne peut toutefois se dissimuler que l'auréole, volontiers circulaire autour d'un personnage assis, a une tendance naturelle à devenir ovale autour d'un personnage debout. Cette transformation se dessine sur la fameuse monnaie de Kanishka qui représente le Buddha (pl. V, 9). Peut-être est-ce sous l'influence de tels exemples que le nimbe marque à son tour sur certaines images d'Ajaṇṭā (fig. 505) une propension à s'ovaliser et qu'il devient tout à fait oblong, puis s'effile en pointe par le haut à Java (fig. 512 et 568) comme en Chine (fig. 541 et 565). D'autre part on voit son orbe, d'abord parfaitement nu, se laisser peu à peu envahir par le décor : ici il s'ourle de filets (fig. 136, 326, etc.), là il se festonne de dents (fig. 480, 550, 552, 584), enfin il se couvre d'un réseau de fines dentelles (cf. fig. 554 et 587). Retenons seulement ici que ces modifications dans le contour comme dans la surface du nimbe nous fourniront un élément de plus quand il s'agira de procéder à la classification chronologique des images.
Cites (2)
- Aśokāvadāna — Sanskrit
- Ajanta