L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t3.3
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t3.3
- Language
- French
v2.c14.s5.t3.3
Mais personne ne s'est résigné à suivre le sage exemple de ces bons imitateurs. Spéculant sur leur talent et la vulgarisation croissante de leur art, les imagiers de Sânchi se sont dispensés, eux aussi, de toute inscription explicative et leur silence aggrave la difficulté d'une comparaison entre les répertoires des deux écoles. Nous n'en arrivons pas moins sûrement, quoique avec plus de peine, à établir qu'à travers toutes les différences de facture leur personnel, si l'on peut dire, est sensiblement pareil (cf. fig. 464-475). Sur les monuments de l'Inde centrale nous ne voyons pas seulement revenir, à propos des mêmes scènes, des laboureurs, des athlètes, des soldats, des maîtres et maîtresses de maison, des rois et des reines, des ascètes brahmaniques, etc., mais encore des démons, des génies et des fées, de forme animale, humaine ou mixte, et toutes les catégories des dieux des sept premiers étages du ciel. Aussi sera-t-il beaucoup plus court de rappeler les deux seuls types que nous n'y rencontrions pas, à savoir celui du Bodhisattva et du Buddha. Encore le premier y figure-t-il déjà, sinon lors de sa dernière existence terrestre, du moins lors de ses précédentes renaissances sous cette forme de « prince héritier » (rāja-kumāra) que lui conserveront naturellement, d'accord avec l'histoire légendaire, les artistes gréco-bouddhiques, et nous avons vu à quoi se réduisent les différences de costume en passant du bassin du Gange au Nord-Ouest¹. Il ne reste donc guère qu'une seule création spéciale à l'actif de l'école du Gandhāra; mais celle-ci, comme on sait, est d'importance, puisqu'il ne s'agit de rien moins que du Buddha².