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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.13

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.13

Language
French

v2.c14.s5.t4.13

L'INFLUENCE DU MAHĀYĀNA SUR L'ÉCOLE — Telle est la question que dès 1890 M. Senart avait grand'raison de poser dans le *Journal asiatique*¹. Nous y avons jadis répondu sans hésitation par l'affirmative². La jeunesse a de ces témérités. Assagi par l'âge, nous n'en voudrions plus jurer aujourd'hui avec autant d'assurance — Mais, dira-t-on peut être, quel scrupule nouveau vous retient ? Si, comme à l'ordinaire, des textes peuvent seuls en décider, il n'en manque pas où s'étalent de bonne heure les croyances mahāyāniques. Déjà le *Lotus de la Bonne Loi*, tout en célébrant les louanges d'Avalokiteçvara et de Samantabhadra, semble accorder la prééminence à un noble étranger venu de Chine, le prince Mañjuçrī³. D'autre part, le *Sukhāvatī-vyūha* place aux côtés du Buddha Amitābha, en qualité de principaux acolytes, Avalokiteçvara et Mahāsthāma. Or s'il est vrai que ce *sūtra* ait été traduit en chinois dès 252 et peut-être même entre 147 et 186 de notre ère, il remonte à une époque où nous n'avons aucune raison de penser que l'art du Gandhāra eût déjà perdu toute faculté créatrice⁴. — D'accord, mais nous ne pouvons toutefois nous empêcher d'être frappé du fait que ces ouvrages ne demandent à être cités que dans l'occasion présente. Jamais encore nous n'avons véritablement éprouvé le besoin d'y recourir. D'autres, incontestablement plus anciens, tels que le *Mahāvagga*, le *Mahāvastu*, le *Divyāvadāna*, le *Lalita-vistara*, etc., nous ont toujours suffi jusqu'à présent pour expliquer ou commenter nos sculptures. Pourquoi irions-nous chercher le commentaire des images ailleurs que celui des bas-reliefs ? Sous quel prétexte nous adresser pour les premières à des textes où nous n'avons rien à glaner pour les seconds(1), et de quel droit creuser contre toute apparence un fossé, et même un schisme, entre deux catégories d'œuvres émanant de la même école et dont nous avons reconnu l'étroite parenté? D'ailleurs, à deux reprises différentes, à propos des Bodhisattvas comme des Buddhas, nous avons cherché de tous nos yeux la preuve concrète et démonstrative de l'intronisation sur nos monuments des personnages mahâyâniques : or c'est à peine si nous y avons relevé quelques indices de leur prochain avènement. L'impression s'est irrésistiblement imposée que nous ne dépassions pas la période flottante des origines de l'iconographie bouddhique. Le panthéon, dont ces stèles votives et les images isolées sont en train de doter le Bouddhisme, n'est encore, pour ainsi dire, qu'à l'état de nébuleuse. Tout au plus apercevons-nous, se détachant plus nettement au milieu de cette masse mouvante et confuse, les sept Buddhas du passé et un Maitrêya déjà formés, peut-être un Dhyâni-Buddha (Amitâbha) et un autre Bodhisattva (Avalokitêçvara) en voie de formation : actuellement le reste n'est pas susceptible d'être distingué ni encore moins nommé avec l'ombre d'une certitude... Faites à présent le bilan de cet inventaire. Çâkya-muni, ses six prédécesseurs et son successeur présomptif, tout cela est à inscrire au compte de la vieille Communauté; c'est seulement le reste, à savoir les Dhyâni-Buddhas et les Dhyâni-Bodhisattvas, qui constituent proprement l'apport spécial de la nouvelle doctrine. Puisque ces dernières figures sont inconnues de l'école gandhârienne ou à peine esquissées par elle, c'est donc que celle-ci a longtemps, sinon toujours, ignoré le Mahâyâna.

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