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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.36

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.36

Language
French

v2.c14.s5.t4.36

L'influence de notre école sur les conceptions et sur l'imagerie même du Mahâyâna peut donc être acceptée comme certaine(2) : mais si le cas que nous venons de citer est topique, il faut reconnaître qu'il ne se traduit que par des résultats tardifs et lointains Sans sortir du Gandhâra ni nous écarter de l'ancienne interprétation de ses stèles, nous pouvons noter des rapports à bien plus courte échéance entre leur fourmillante complication et les divagations apocalyptiques de la grande doctrine : seulement, comme on pouvait s'y attendre, ces analogies plus subtiles ne portent encore que sur la forme et non sur le fond, sur les procédés de composition et non sur l'identification des personnages. Relisez le *Lotus de la Bonne Loi* ou, plus simplement, le *Sukhâvati-vyûha* : vous serez frappés de voir comment ces textes, à court d'inspiration, se battent les flancs pour essayer au moins de donner, à force de jongler avec des nombres prodigieux, l'illusion du grandiose et du sublime. Ainsi l'on s'évertue, faute de trouver mieux, à répéter indéfiniment dans des jeux de glaces un décor trop modique pour contenter à lui seul les yeux. C'est exactement de la même manière que les plus grouillantes de nos stèles gandhâriennes ne font toujours que rééditer, à quelques variantes près, les mêmes éternels clichés. La figure 79, par exemple, se découvre à l'examen n'être qu'une macédoine de motifs empruntés de toutes mains à des compositions plus sobres. Les deux acolytes porteurs de guirlandes proviennent de pièces analogues à la figure 77, au même titre que ceux que vous voyez assis à mi-hauteur sous des édifices symétriques. De leur côté, ceux des coins supérieurs reproduisent les assistants de la figure 408, y compris les arceaux qui les abritent. D'autres encore croisent leurs pieds ou relèvent entre leurs mains leur genou gauche, se penchent en arrière ou se retournent pour causer avec leur voisin exactement comme tel ou tel personnage des figures 76, 458 et 459, etc. Bref, dans les plus fouillées et les plus alambiquées de ces œuvres artistiques ou littéraires, la force de l'invention créatrice est plus apparente que réelle. En dernière analyse, les unes et les autres se ramènent à des réduplications plus ou moins intempérantes de deux éléments qui, par définition, sont toujours pareils à eux-mêmes et quasi-anonymes, l'idéal du laïque et celui du religieux. Comment s'étonner après cela du psittacisme des textes et des redites des stèles et, pour trancher le mot, de leur commune insipidité ?

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