L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.47
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.47
- Language
- French
v2.c14.s5.t4.47
LA QUESTION DE L'IDOLÂTRIE. — Un autre résultat de cette multiplication indéfinie des images et des vocables a été, s'il faut continuer à appeler les choses par leur nom, le développement de l'idolâtrie. Sur ce point aussi, les responsabilités des livres et des monuments sont intimement mêlées : mais il va de soi que c'est à nos artistes qu'en incombe la plus grosse part. N'ont-ils pas les premiers offert à la consommation populaire le perfide aliment des icones de Buddhas et de Bodhisattvas ? A la vérité, dans l'Açokavadana, le saint docteur Upagupta sait encore faire la différence entre l'idole et l'Etre sublime qu'elle représente¹ ; mais on sait vite ce qu'il advient de ces distinctions dans l'esprit du vulgaire et quelle tendance invincible le pousse à confondre le signe matériel avec l'idée, l'image avec le dieu. Nous ne songeons donc pas le moins du monde à diminuer les torts qu'ont pu encourir de ce chef les sculpteurs hellénistiques : aussi bien les prendraient-ils fort légèrement, coutumiers qu'ils ont été du même délit dans beaucoup d'autres lieux de l'ancien monde. Gardons-nous, toutefois, de les faire plus criminels qu'ils ne sont et de leur attribuer l'introduction de l'idolâtrie dans l'Inde. Soit développement naturel du fétichisme, soit lointaine influence de l'art égyptien ou mésopotamien, c'était sans doute chose faite dès avant l'irruption d'Alexandre dans le Nord-Ouest. Rien ne nous garantit évidemment qu'une véritable statue ait été processionnellement portée devant l'infanterie de Porus² ; cependant, un siècle plus tard, des images de Yakṣas et de Nāgas attestent dans l'Inde centrale une iconographie déjà élaborée et très anthropomorphique d'aspect. Nous avons dû constater plus haut que, sur ce chapitre, les sculpteurs du Gandhāra n'avaient guère innové(1). Tout ce que nous pouvons retenir à leur charge, c'est qu'ils ont fort encouragé parmi leurs donateurs les pratiques idolâtriques déjà communes à tous les Indiens et que, par-dessus le marché, ils ont créé le contingent spécial du Bouddhisme
Cites (1)
- Aśokāvadāna — Sanskrit