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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.52

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.52

Language
French

v2.c14.s5.t4.52

Encore, sur ce dernier chef d'accusation, pourrait-on plaider en leur faveur les circonstances atténuantes. Tant qu'à élever des temples à côté ou autour des vieux stūpa, il était difficile d'y ériger des statues représentant un idéal plus pur que les Buddhas et les Bodhisattvas. Où mieux placer son adoration que dans ces divins moines ou ces princes de la charité et de l'intelligence, en qui, d'avance, l'adepte se mirait? Évidemment, les Indiens ne pouvaient que gagner en largeur de cœur et en élévation d'esprit à se proposer de tels modèles. Quoi d'étonnant qu'on se soit plu à voir, dans ces images souriantes ou pensives, des dieux vivants et miséricordieux, capables d'entendre et d'exaucer l'invocation confiante du fidèle? Et comment la contemplation de leur bénigne majesté n'aurait-elle pas inspiré une piété plus fervente que la vénération des reliques commémoratives d'un Maître mort? Ainsi la statuaire gréco-bouddhique a dû aider à la naissance d'une dévotion déjà tout imprégnée de sentiments mahâyâniques, et, de ce point de vue encore, l'école nous ouvre des horizons nouveaux. Les bouddhistes eux-mêmes semblent avoir eu conscience de la transformation que l'avènement et la diffusion croissante des idoles avaient introduite dans leur religion. Aux simples et froides pratiques de la vieille secte monastique se substituaient avec elles les pompes et les ferveurs d'un véritable culte de latrie : ne serait-ce pas à cette substitution que correspondent les curieuses expressions par lesquelles les Chinois auraient distingué l'« ancienne loi » de la nouvelle « loi des images »? On a pu un instant se le demander¹. Ce qui est certain, c'est l'universel triomphe de cette dernière et le nombre infini d'œuvres d'art dont elle a couvert tout l'Orient de l'Asie.