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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.54

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.54

Language
French

v2.c14.s5.t4.54

Loin de nous l'idée de prétendre que le succès soit toujours une justification! Puis ce serait trop beau — et peut-être aussi, avouons-le tout bas, fort ennuyeux — si l'idéal seul avait eu droit de cité dans l'iconographie gandhârienne. Nos sculpteurs n'étaient pas des apôtres et, dussions-nous le déplorer, l'art n'était pas pour eux un sacerdoce. Naturellement, leur principal souci était de gagner leur vie. Fournisseurs plus attentifs aux désirs qu'au salut de leur clientèle, ils ne se sont nullement cantonnés dans les sublimes images qui étaient leur spécialité Les regrettables antécédents d'une Hâritî et d'un Pâncika ne les ont pas empêchés d'en exécuter tant qu'on voulait : et on en voulait beaucoup Peu leur chaut de servir ainsi l'insolente fortune d'un couple d'anciens génies cannibales et, qui pis est, de proposer par la même occasion à la dévotion bouddhique le piège du démon dont la vieille Communauté se défiait le plus, à savoir une figure de femme Il est même permis de signaler avec M le professeur Grunwedel¹ dans les divers types de Vajrapâni l'origine des Dharmapâlas, et dans les démons de l'armée de Mâra celle des figures de cauchemar qui peuplent les albums tibétains Aux images obscènes près — car il faudrait une singulière bonne volonté pour en découvrir ici les prototypes et nous nous refusons à en charger la conscience de nos sculpteurs² — on démêlerait ainsi au Gandhâra les premiers linéaments de ce qu'il y eut de meilleur ou de pire dans l'iconographie postérieure du Bouddhisme, et sans doute nous le voulons bien, à condition de répéter une fois de plus que tout cela n'y est encore qu'à l'état embryonnaire Si l'école n'appartient pas en propre au Mahâyâna, encore moins peut elle être suspectée de « tantrisme »

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