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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.57

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.57

Language
French

v2.c14.s5.t4.57

DÉFINITIONS — Et à ce propos, avant de quitter la question des rapports entre l'évolution de la doctrine et celle de l'iconographie bouddhiques, il ne serait peut-être pas inutile de s'entendre une bonne fois sur les termes et sur les faits car nous craignons qu'il ne soit trop souvent commis un mauvais usage des uns et une fausse interprétation des autres Tout d'abord, est-on bien sûr que le panthéon du Mahâyâna ait jamais différé foncièrement de celui du Hînayâna ? Cette différence, nous l'avons jusqu'ici supposée comme tout le monde mais nous devons à la vérité de dire que nous ne l'avons nulle part constatée Assurément, nous apercevons bien un écart de doctrine et de pratique entre les soi disant saints qui cherchent leur salut personnel dans le néant par les huit voies vertueuses, et les prétendus surhommes, qui ne tendent à rien moins, à travers les dix perfections, qu'à réaliser par leur propre illumination le salut des autres, mais que cette opposition entre leurs attitudes morales entraîne un contraste non moins radical dans l'aspect des lieux et objets de culte de leurs zélateurs respectifs, cela nous ne le voyons pas. Qu'ils crussent ou non à la théorie des « trois corps » mystiques du Bienheureux, de ces trois corps il n'y en avait qu'un, toujours le même, qui intéressât leurs imagiers. Ou encore ils pouvaient avoir un assortiment de noms plus riche les uns que les autres pour désigner leurs statues de Buddhas et de Bodhisattvas, cela n'empêchait pas les statues d'être pareilles. Ajoutez que rien non plus ne pouvait faire que, de part et d'autre, les mêmes superstitions populaires n'allassent leur train. Justement défiants des raisonnements *a priori*, passerons-nous à l'observation directe? Le résultat sera le même. Hīnayānistes, nous dit-on, étaient en grande majorité (comme d'ailleurs les habitants du Gandhāra) ceux de la Sérinde septentrionale, ceux de la Sérinde méridionale étaient au contraire mahāyānistes¹ or, l'on ne découvre aucun changement notable dans le personnel iconographique en passant des planches de MM. Grunwedel et von Le Coq à celles de Sir Aurel Stein. Notre impression est que la différence de décoration entre un couvent du Grand ou du Petit Véhicule était et est restée longtemps beaucoup moins sensible que chez nous entre une église catholique ou réformée. A notre connaissance, il n'y a eu que trois états vraiment tranchés de l'iconographie du Bouddhisme : l'un, représenté par la plus ancienne école et caractérisé par l'absence de la figure du Maître, l'autre, le gandhārien, qui, gardant du premier les dieux, les génies et les fées, y ajoute les Buddhas et Bodhisattvas, le troisième enfin, aussitôt dénoncé par l'irruption d'une foule de figures féminines ou monstrueuses, parfois les deux à la fois et souvent formant des groupes obscènes. Comme l'apparition de ces dernières peut se dater approximativement du VIIe siècle de notre ère, nous obtiendrions ainsi des périodes assez nettement délimitées, si — source de confusions sans fin — l'on n'appliquait trop souvent l'épithète de mahāyānique aussi bien aux pires inven-