L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t4.6
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t4.6
- Language
- French
v2.c14.s5.t4.6
Jamais d'ailleurs les circonstances ne sont plus propices qu'à propos de ces derniers pour montrer que cette graphie étrangère n'est que la transcription de vieilles idées indigènes. De tout temps l'Inde a cru à ce rayonnement de majesté qui émane des êtres supérieurs. Qu'ils doivent cette propriété à leur caractère surnaturel, à leur naissance ou à leur sagesse, leur tejas les accompagne comme leur ombre, fait de lumière comme celle-ci est faite de nuit. L'opinion n'est pas moins communément répandue que les pratiques de la méditation pieuse développent prodigieusement cette sorte d'émanation fluidique. Ce n'est pas dans un autre feu que Çiva ascète a consumé l'Amour; c'est sous l'aspect de flammes léchant les parois de sa retraite que les artistes gandhariens représentent, lors de la subjugation du serpent de Kâçyapa (fig. 224) ou de la visite du roi du ciel (fig. 246), la brûlante ferveur du Maître. D'autres fois c'est de ses épaules mêmes que s'échappe ce flamboiement (fig. 463), et il est assurément curieux de retrouver ce même détail miraculeux sur les monnaies des Kuṣāṇas en attendant de le voir attribuer par Hiuan-tsang à Kaniṣka(1). Les vieux textes admettent d'ailleurs que le lustre du Buddha ne provient pas seulement de « pointes » ou de « langues » de flammes, mais qu'il irradie tout autour de son corps sur la largeur d'une brasse en effaçant l'éclat de mille soleils(2) : et il est en effet des cas où le Bienheureux se profile en pied sur une gloire flamboyante (fig. 261; cf. fig. 263 et 564) Tout ce vieux fonds de superstitions indo-iraniennes perce ainsi sporadiquement dans nos sculptures : c'est le sauvageon sur lequel l'artiste indo-grec a greffé la conception restée classique du nimbe, puis de l'auréole