L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t5.5
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t5.5
- Language
- French
v2.c14.s5.t5.5
L'Hindouisme. — Il ne faut pas oublier, en effet, que la littérature n'est pas la seule expression d'une société. Toujours et partout, comme on l'a dit de notre moyen âge, les monuments figurés sont la Bible du peuple qui ne sait pas lire. Précisant aux yeux les conceptions les plus courantes, il se peut que sur plus d'un point leur témoignage ne coïncide pas absolument avec celui des œuvres littéraires, destinées à un autre public, d'une différente mentalité, et qui ne s'intéresse pas toujours aux mêmes choses. Aussi, quand nous nous penchons sur la religion bouddhique, vue à travers l'art gandhârien, nous croyons y découvrir, outre beaucoup de choses que les textes disent, d'autres encore, dont ils ne soufflent mot ou dont ils ne parlent qu'en termes voilés. Celles-ci seront évidemment l'apport le plus intéressant de nos documents iconographiques. Faut-il reprendre dans l'ordre ces diverses révélations, à commencer par celle de la curieuse croyance à laquelle Vajrapāṇi doit son rôle et sa constante présence en scène? Ou rappellerons-nous quelle importance a prise forcément à nos yeux, en dépit du dédain mal déguisé des livres sacrés, le culte du couple tutélaire, au moins parmi les classes inférieures ou moyennes? Car c'est là surtout, dans les bas-fonds de la conscience religieuse, que l'iconographie jette les jours les plus inattendus. A un degré plus haut, ce qu'elle nous a appris de la popularité particulière des dieux Indra et Brahmâ aurait déjà pu se déduire des données fournies par les sûtra bouddhiques. Cette confirmation a sans doute son prix : il est plus surprenant de remarquer qu'on aurait aussi bien pu citer à l'appui de cette constatation d'autres textes, d'un caractère beaucoup plus classique. A la réflexion, rien de plus simple. Jusqu'à ce stade inclus¹, les images gandhâriennes ne font en effet — faut-il le répéter une fois de plus ? — qu'exploiter le vieux fonds mythologique commun à tous les Hindous de leur temps. Par suite, il serait licite de se servir pour les commenter soit de la « triple corbeille », soit des épopées brahmaniques, et réciproquement elles se prêteraient d'aussi bonne grâce à illustrer le Mahâbhârata que le Tri-piṭaka.
Cites (1)
- Mahābhārata — Vyāsa, Sanskrit