Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s1.20

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s1.20

Language
French

v3.c16.s1.20

LA CONVERSION. — A l'heure actuelle, non seulement le Gandhâra n'est plus bouddhiste : mais il est plus qu'à moitié afghan de race et iranien de langue, en même temps que musulman¹. Au plus haut que nous puissions remonter dans l'histoire, le pays ne faisait même pas politiquement partie de l'Inde. Hérodote est d'accord avec les inscriptions des Achéménides pour incorporer les « Gandarioi » à l'empire perse : peut-être y avaient-ils été annexés par Cyrus dès le milieu du VIe siècle avant notre ère. On conçoit aisément que ce territoire ait toujours été contesté entre les deux mondes, iranien et indien. A l'arrivée d'Alexandre l'Indus, assure Strabon, leur servait encore de frontière. C'est Séleucos qui, après une infructueuse tentative d'invasion, aurait cédé en 303 avant notre ère une grande partie de l'Ariane au premier empereur historique de l'Inde, ce Candragupta que les Grecs appellent Sandracottos¹. Dès lors la Gandaritis fit partie des vastes possessions des Mauryas. Peut-être fut-elle à ce moment rattachée à Takṣaçilâ, la grande et riche ville de commerce et d'études que certains témoignages placent, par une sorte de réciproque, « dans le royaume de Gandhâra² ». L'humeur indépendante de ces marches lointaines est un motif dont jouent constamment les contes. Bindusâra, le fils et héritier de Candragupta, aurait successivement envoyé ses deux fils, Açoka et Susîma, pour réduire des rebellions de Takṣaçilâ : et Açoka à son tour — quand, selon le procédé resté en honneur dans l'Inde jusqu'à la fin de la dynastie moghole, il se fut débarrassé de ses frères et emparé du trône — aurait chargé de la même tâche le plus aimé de ses fils. C'est pourquoi Fa-hien a soin de noter que le Gandhâra était « le pays dont Dharmavarddhana, le fils d'Açoka, fut gouverneur ». Ce Dharmavarddhana est resté célèbre dans la légende sous le surnom de l'oiseau kunâla que lui avait valu la fatale beauté de ses yeux : aussi Hiuan-tsang est-il au fond d'accord avec son précurseur quand, de son côté, il attribue à Kunâla « le gouvernement de Takṣaçilâ³ ».

Cites (1)