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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.2

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.2

Language
French

v3.c16.s2.2

Si nous ne nous sommes pas interdit, au cours de notre résumé de l'histoire politique et religieuse du Gandhâra pendant la période indo-grecque, d'anticiper parfois sur les événements, nous ne prétendons pas pour cela avoir complètement résolu le problème de l'art gréco-bouddhique. Tout au plus avons-nous exposé les circonstances qui rendent possible et même vraisemblable l'apparition de ses premières œuvres vers le début du 1er siècle avant notre ère. Comme fait le directeur du théâtre dans le prologue des drames indiens, nous avons simplement préparé la scène, annoncé les personnages et prévenu le public de ce qui allait se passer. C'est là un rôle qui n'a rien de difficile. Dès que le rideau — ou, comme disaient les Indiens, la « grecque » (yavanikâ) — se tire, il en va tout autrement du métier d'auteur ou simplement de critique. Les deux entités abstraites de l'Hellénisme et du Bouddhisme se sont incarnées devant nos yeux en deux individus concrets, un donateur indigène et un artiste étranger. Pour accentuer la vraisemblance, nous avons même pris soin d'indianiser le Yavana autant que nous hellénisions le Bauddha, jusqu'à les considérer comme issus tous deux d'un pareil métissage, de mère indienne et de père grec. Ainsi ils se comprendront mieux, ayant mêmes idées et parlant même langue. Mais à quel moment, à quel propos, sur quelle initiative s'est engagée entre eux la conversation et quel tour au juste va-t-elle prendre? Cela nous échappe pour l'instant et se prête mal à tout essai de reconstitution historique, ou seulement logique.