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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.4

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.4

Language
French

v3.c16.s2.4

Voilà en effet, sans métaphore, l'impression que nous ont toujours donnée nos monuments, chaque fois que nous avons voulu tirer d'eux ce qu'on peut appeler une chronologie intrinsèque. A trois reprises différentes, à propos des motifs décoratifs, des scènes légendaires et des images (1), nous avons déjà dû constater l'inextricable brouillamini qu'ils présentent. Aussi bien A. Barth nous avait-il depuis longtemps averti que « c'est à peine parfois si l'on peut parler de tradition dans ces contrées où l'art a été soumis à tous les hasards d'un article d'importation (1) ». Aucune illusion ne subsiste donc sur les difficultés de notre tâche présente : ce n'est pas une excuse valable pour nous en dispenser. Tout d'abord nos incertitudes proviennent pour une bonne part de la façon dont les premières fouilles ont été conduites : celles de l'avenir ne nous fourniront pas seulement des groupes topographiquement déterminés, elles nous permettront encore de distinguer dans chaque site les couches chronologiques successives (2). En attendant il est tout au moins permis de dresser les cadres généraux entre lesquels nous tâcherons de classer l'actuelle confusion des sculptures. Si Gœthe a eu raison de dire que ce qui est contre nature est encore nature, une évolution, même contrariée et rompue, est encore une évolution. Enfin il ne faut pas oublier que la longévité des écoles d'art se compte par centaines d'années. Pour prendre l'exemple le plus analogue en même temps que le plus voisin de nous, on attribue couramment à l'art roman quatre ou cinq siècles d'histoire (3). Il n'y a aucune raison *a priori* pour refuser à l'école gréco-bouddhique une pareille durée. Sur ce point comme sur les autres, les faits actuellement connus parleront. Mais déjà l'on devine que beaucoup d'opinions avancées à son propos peuvent être justes en soi, et ne deviennent contradictoires que faute d'être rapportées à des époques différentes d'un même développement. Que l'on y ait tour à tour découvert l'influence hellénique, romaine, voire byzantine, nous n'y voyons aucun inconvénient préalable (4) : nous vérifierons seulement s'il n'y a pas lieu de répartir ces diverses assertions, en