L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t1.26
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t1.26
- Language
- French
v3.c16.s2.t1.26
L'ÉPIGRAPHIE. — Qui sait d'ailleurs au juste jusqu'à quel point valent les arguments tirés de la numismatique et combien de fantaisies individuelles et de caprices du hasard se dissimulent sous la fixité purement théorique de la série? Le fait seul que les monnaies doivent être elles-mêmes rangées au nombre des productions de l'école indo-grecque suffit à vicier quelque peu leur témoignage. Tel est en effet le maléfice particulier qui s'attache aux arts d'importation. Sans doute, dans toute histoire artistique, il y a des éléments de variations dont on doit tenir compte, selon que l'artiste est plus ou moins bon, le donateur plus ou moins riche, le site plus ou moins voisin des grands centres, les matériaux disponibles plus ou moins favorables à l'exécution ou à la conservation des œuvres, etc. Mais s'il faut encore ajouter à toutes ces raisons de perplexité l'éventualité perpétuellement menaçante que, jadis, un passant ait brouillé comme à plaisir la contexture de la trame dont nous tâchons de démêler les fils, mieux vaut, semble-t-il, renoncer à ce vain casse-tête. Avouons-le sans ambages : il ne subsiste vraiment qu'un instrument de précision pour fixer l'époque exacte d'une sculpture déterminée, à savoir les inscriptions. . . . . Le lecteur qui nous voit depuis si longtemps nous débattre et nous enliser dans les sables mouvants de l'histoire indienne a déjà son opinion faite : les inscriptions nous sauveraient, mais il n'y en a pas. — C'est en quoi il se trompe : il y en a, et tant au Gandhâra que dans les pays circonvoisins on en a déjà réuni une quarantaine(1). — Mais alors elles ne se déchiffrent pas? — Pardon; bien que le caractère si cursif de la *kharoshthī* soit d'une lecture peu facile, cependant elles se lisent, et même elles se comprennent, le prâkrit dans lequel elles sont rédigées voisinant de près avec le sanskrit. — Mais alors elles ne se rapportent jamais aux sculptures ? — Erreur : quinze au moins d'entre elles sont directement gravées sur des bas-reliefs ou des statues de l'école. — Mais alors ces inscriptions votives ne sont pas datées ? — Il y en a au moins deux, sinon trois, qui débutent par une date clairement lisible. — Mais alors, qu'attend-on pour faire des œuvres qui les portent les points de repère dont le besoin se fait si vivement sentir ? — Seulement de savoir à quelle ère leur date se réfère...