L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t2.14
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t2.14
- Language
- French
v3.c16.s2.t2.14
*Les statues inscrites.* — Des trois statues datées que nous possédons, une seule nous intéresse directement ici : c'est le Buddha (fig. 477) provenant du val de Loriyân, dans les montagnes limitrophes du Gandhâra et de l'Udyâna, et sur le piédestal duquel M. Senart a lu la date *Samv.* 318¹. Si mutilé qu'il soit, il porte, comme celui de Chârsadda (fig. 478), dans les plis de son manteau la marque d'une main hellénistique et — pouvons-nous ajouter à présent — la preuve de son antériorité par rapport aux Buddhas de Kaniṣka. Aussi M. J. Ph. Vogel a-t-il déjà proposé de référer le chiffre gravé sur sa base à l'ère des Séleucides (312 avant J.-C.). D'accord avec lui sur les prémisses, nous demandons la permission d'adopter une conclusion légèrement différente. Autant l'emploi du comput grec nous paraît à sa place sur une pièce officielle et gouvernementale par essence, comme la monnaie de Platon, autant il nous semblerait difficile à justifier dans le cas d'un *ex-voto* privé, émanant d'un simple donateur indigène, tel que le Buddhaghoṣa de l'inscription. Or nous n'avons le choix qu'entre l'ère des Séleucides et celle des Mauryas, pour la simple raison que toute autre nous conduirait en pleine décadence de l'école. Rapportée à la seconde (321 avant J.-C.), la statue de Loriyân serait de l'an -3 et fournirait une première confirmation des présomptions que nous avons déjà accumulées en faveur de l'existence des images du Buddha dès le 1er siècle avant notre ère¹. Notons que sur le bas-relief qui décore le piédestal, le donateur et Indra même ont justement pris soin de