L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t2.8
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t2.8
- Language
- French
v3.c16.s2.t2.8
Ainsi s'organise le plus simplement la chronologie du Ier siècle avant notre ère. Est-ce à dire que dans ce système toutes les difficultés s'évanouissent ? Bien suspect nous serait au contraire celui qui, sans le secours d'aucun fait nouveau, prétendrait dès à présent les lever toutes. Mais, tel quel, celui-ci satisfait à toutes les exigences raisonnables de notre sujet. La principale est évidemment celle qui nous a incliné à prolonger quelque peu la durée de la domination hellénique au Gandhâra. Encore ne faut-il pas oublier qu'entre les premières conquêtes indiennes de Démétrios (vers 200 avant notre ère) et la substitution des Çakas aux Yavanas, nous avons à loger les deux tiers au moins des trente-sept Basileus indo-grecs connus; et il n'est pas sûr que la liste en soit close¹. Même en mettant les dynasties doubles, est-ce trop demander pour tant de règnes qu'une marge de 120 ans? Mais d'autre part, il serait vain de vouloir contester que la juridiction des satrapes se soit étendue de Taxila à la rive droite de l'Indus, alors que nous savons qu'elle a remonté la rivière de Kâboul jusqu'au Kâpiça, c'est-à-dire jusqu'à Jellalabâd². Si donc le Gandhâra fut bien le berceau de l'école gréco-bouddhique³, il s'ensuit que le grain semé sous les dynastes grecs n'a achevé de lever, ainsi que l'avait pressenti M. Senart⁴, que sous les satrapes scytho-parthes. Reste à savoir si tel est aussi le témoignage des monuments conservés.