L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t3.1
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t3.1
- Language
- French
v3.c16.s2.t3.1
Il serait oiseux de s'attarder à deviner quelles auraient été en d'autres circonstances les destinées de l'école : mieux vaut tout de suite énumérer les trois événements principaux qui marquèrent au Gandhāra le cours du 1er siècle après J.-C., et qui eurent tous trois une influence inégale, mais certaine, sur le grand développement qu'allait y prendre l'art bouddhique. Le premier — et celui qui, n'était la miraculeuse conversion de Kaniṣka, aurait le moins d'importance à notre point de vue — est la substitution de la domination des Kuṣaṇas à celle des Ṣaka-Pahlavas : car, si la période de formation de l'école est à cheval sur les deux dynasties indo-grecque et indo-scythe, celle de plein épanouissement chevauche également sur celles des Indo-Parthes et des Indo-Koushans. Le second est l'extension considérable qu'a prise au début de l'Empire romain le commerce de l'Occident avec l'Inde : et ceci nous touche déjà plus directement, tant à cause du rôle d'intermédiaire souvent joué par les marchands, et des importations possibles d'objets d'art, qu'à raison de la facilité croissante des voyages et de l'effet de l'augmentation de la richesse publique sur le nombre et la splendeur des fondations religieuses. Enfin le troisième fait, et de beaucoup le plus intéressant pour nous, est la diffusion de l'art classique et les lointaines migrations d'artistes dont s'accompagna la prospérité économique dans toutes les parties du monde connu des anciens. On ne s'étonnera pas que l'école, entraînée dans ce grand mouvement, se soit mise, elle aussi, à fleurir avec une abondance extraordinaire, ni que l'éclat banal de sa prospérité ait jusqu'à présent obscurci aux yeux des archéologues la hardiesse créatrice, mais encore peu vulgarisée, de la période d'élaboration¹.