L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t3.105
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t3.105
- Language
- French
v3.c16.s2.t3.105
beaucoup plus frappants dans l'art chrétien primitif, tel qu'il se montre dans les catacombes. Nous avons donc feuilleté à notre tour les publications de Rossi, de Roller et de Wilpert. Désireux de voir ce que pourrait également nous fournir l'art païen, nous y avons joint les volumes parus de l'imposant *Recueil des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine*, de M. Espérandieu. Enfin le juste souci de contrôler l'impression des gravures par l'examen direct des monuments nous a conduit à étudier sur place les musées du Latran, d'Arles et de Trèves. Nous ne saurions entrer ici dans les minuties de cette enquête : sa conclusion est exactement la même que celle tirée par M. Vincent Smith de sa revue des reliefs byzantins. Oui, l'analogie générale des styles est frappante, et certains motifs, certains personnages, voire même certains groupes sont curieusement pareils : nous avons plus d'une fois signalé au passage ces ressemblances et nous ne nous ferons pas faute d'y revenir¹. Ce qu'on rencontre le moins, ce sont ces petits traits indifférents, mais caractéristiques, qui ne s'inventent pas deux fois, qui ne se répètent que de façon machinale, et par où justement se trahissent le mieux les communautés d'origines et les fréquentations d'ateliers. Ouvrez au contraire le peu qui a été publié des monuments alexandrins, syriens ou palmyréniens des premiers siècles de notre ère : vous serez surpris de voir comment se présentent aussitôt en nombre appréciable ces rapprochements de détail. Nous aurons à en énumérer quelques-uns tout à l'heure. Pour l'instant il suffit d'appeler l'attention sur le fait aisément vérifiable que les sculptures du Gandhâra ont bien un vague air de famille avec celles de l'Italie ou des Gaules, mais qu'elles n'offrent de points de comparaison précis qu'avec les productions orientales de la décadence grecque.