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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t3.33

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t3.33

Language
French

v3.c16.s2.t3.33

instant d'imaginer une sorte d'usurpation du trône. Ainsi qu'il advint à plus d'un des rudes envahisseurs descendus du Nord-Ouest, Vima-Kadphisès semble s'être mal accommodé du climat de l'Inde, où les Annales chinoises stipulent qu'il préféra installer un vice-roi, sans doute choisi dans son clan. Est-ce cette vice-royauté qui fraya au Kuṣaṇa Kaniṣka l'accès du pouvoir suprême ? Nous devons avouer que, à y regarder de près, aucun indice ne vient corroborer cette supposition qui, au premier abord, nous avait séduit. Le premier Kadphisès, en qui nous ne pouvons voir qu'un potentat relativement chétif et un *jab-gou* encore mal dégrossi, n'avait jamais pu ou su trouver un artiste capable de lui graver pour ses monnaies des poinçons originaux : et c'est ainsi que nous l'avons vu contrefaire tantôt celles d'un roi grec et tantôt celles d'un empereur romain (pl. V, 1-2). Au contraire les graveurs de son fils nous ont donné de lui une image d'une précision tout ethnographique (pl. V, 3). Qu'il les ait recrutés dans sa nouvelle conquête du Gandhâra, nous avons deux raisons de le croire : d'abord l'excellence du travail, puis l'emploi persistant de l'alphabet *kharoṣṭhī* dans la légende du revers. En tout cas nous connaissons grâce à eux les traits et le costume d'un Kuṣaṇa aussi bien que ceux d'un Valois ou d'un Bourbon. C'est très exactement le même type que nous retrouvons sur les pièces de Kaniṣka (pl. V, 5, 7) et nous n'apercevons pas qu'il ait été le moins du monde affiné par le contact de l'Inde : il est et reste le Tartare dans toute son horreur. Mais, à notre point de vue, il y a pis. Un observateur que ne hanterait aucune idée préconçue n'hésiterait pas une minute à déclarer que ses monnaies ont dû être frappées au nord du Paropamise. En effet leurs exergues arborent exclusivement l'alphabet grec¹ et, des quelque trente divinités qui figurent au revers,