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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t3.47

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t3.47

Language
French

v3.c16.s2.t3.47

LE FACTEUR ÉCONOMIQUE. — En réalité la floraison de l'école a ses racines dans des mouvements sociaux dont l'ampleur déborde, en même temps que les limites du Gandhâra, les opinions religieuses et l'éducation artistique de ses monarques. Il suffira de résumer ici, mais il importe de noter le fait considérable, et d'ailleurs bien connu, du développement, déjà « mondial » pour l'époque, qu'avait pris le commerce de l'Empire romain. Notre génération se souvient encore du profond retentissement qu'eut au xvᵉ siècle la reprise des relations maritimes avec l'Extrême-Orient ; elle-même éprouve les bienfaisants effets du raccourcissement de la voie trop détournée du cap de Bonne-Espérance par l'ouverture du canal de Suez ; elle pressent les résultats plus importants encore qu'apportera dans le prochain avenir le raccordement des chemins de fer de l'Europe avec ceux de l'Asie. Or, dès le début de notre ère, les échanges avec l'Inde se faisaient de façon courante, ou tout au moins annuelle, à la fois par deux routes, celle de terre et celle de mer. Celle-ci menait, grâce au jeu périodique des moussons, redécouvert par Hippale, des ports égyptiens du Golfe Arabique, à travers l'Erythrée, jusqu'à ceux de la côte indienne — à ceux du moins qui étaient accessibles aux navires étrangers : car l'Inde connut dès lors ce régime des « ports ouverts¹ » que nous voyons encore fonctionner en Chine. Les détails les plus circonstanciés sur cette navigation et le genre de transactions dont elle s'accompagnait ont été consignés dès avant la fin du 1ᵉʳ siècle par l'honnête rédacteur du Périple et sont confirmés par Pline l'Ancien comme par Strabon². De son côté Ptolémée, au milieu du IIe siècle, nous renseigne sur la route de terre la plus fréquentée, celle qui avait été suivie par Isidore de Charax, l'envoyé d'Auguste (1), et qu'on pouvait appeler la route du Nord. Son grand souci était en effet d'éviter les déserts de Perse

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