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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t3.66

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t3.66

Language
French

v3.c16.s2.t3.66

serons plus surpris de voir si souvent dans les légendes les bons marchands, au retour de quelque fructueuse expédition, s'empresser de faire les frais d'une fondation religieuse : façon sans doute de rendre des actions de grâce, peut-être aussi de purifier par ce pieux prélèvement sur leur bénéfice les procédés plus ou moins licites de son acquisition. Parfois même c'est dans le dessein de réunir ou de compléter les fonds nécessaires pour la construction et la décoration d'un *stûpa* ou d'un couvent, qu'ils entreprennent une nouvelle tournée de négoce¹. Car l'art aussi est un article de luxe, et sa prospérité suppose l'existence de donateurs aussi riches que généreux. Enfin il est une remarque de détail qui vaut encore la peine d'être faite. C'était la coutume des navigateurs étrangers, en abordant dans l'Inde, d'« adoucir la figure² » du râja local par quelques cadeaux de bienvenue, qui tenaient lieu de droits de port. Or le *Périple*³ recommande d'apporter comme présents non seulement des instruments de musique et même de jolies musiciennes, mais encore de l'argenterie (ἀργυρώματα) — celle-ci sans doute de fabrication alexandrine. Pensez seulement au fameux trésor de Bosco-Reale, où d'ailleurs se mêlent tant de traits orientaux, et ne vous demandez pas plus longtemps d'où viennent les modèles des patères de Dèhra-Ismaïl-Khân (fig. 390) et du Badakshân⁴.