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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t3.94

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t3.94

Language
French

v3.c16.s2.t3.94

Nous ne résisterons pas toutefois à l'envie de produire, pour commencer, contre les partisans de la création tardive, parce que romaine, des ateliers gandhâriens, un argument topique, que l'élargissement de notre horizon vient de faire surgir. Si l'école avait attendu Kaniṣka pour naître, il n'est pas sûr qu'elle fût jamais née; en tout cas, elle n'aurait jamais atteint sous lui le degré de splendeur auquel chacun se plaît à reconnaître qu'elle a monté. Ni la dévotion générale au Bouddhisme, ni le commerce et la richesse qu'il apporte, ni même une immigration d'artistes experts et ingénieux n'ont en aucun temps, ni nulle part, suffi à créer d'un seul coup et de toutes pièces un mouvement artistique d'une pareille ampleur. Et nous n'avons pas à chercher bien loin la preuve. Car, s'il en était autrement, nous devrions trouver les mêmes effets produits sous l'action des mêmes causes, par exemple autour de Barygaza ou des autres ports indiens, où nous savons que toutes ces conditions se trouvaient alors aussi bien remplies. S'il n'y a pas vestige d'une école classico-bouddhique du Surâṣṭra, ou du Koṅkan, ou de Taprobane, c'est donc que cela ne s'improvise pas en un jour et qu'il y fallait encore autre chose. Il fallait encore que la clientèle fût créée, les procédés décoratifs arrêtés dans leurs grandes lignes, le répertoire pour une bonne partie fixé : il fallait en un mot que l'atmosphère et le terrain eussent été préparés d'avance. Or cette préparation qui manquait sur la côte occidentale, c'est justement celle dont nous venons de suivre les progrès dans la région gandhârienne et que, pour les raisons historiques précédemment exposées, celle-ci était seule à posséder¹. Là, et là seulement, comme un essaim à qui l'on présente une ruche avec ses rayons dressés d'avance, les artistes du 1er siècle de notre ère, aussi bien ceux recrutés sur place que

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