L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.56
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.56
- Language
- French
v3.c16.s2.t4.56
Les causes politiques. — Dès la première moitié de ce siècle, il est en effet possible — et, pour nous, important — de noter les signes avant-coureurs du déclin de l'Empire romain, pressé déjà de tous côtés par les Barbares, et la diminution de sa force d'expansion politique, économique, artistique. Vers l'Orient, le seul point cardinal qui nous concerne, on dirait qu'il travaille lui-même à la ruine de son influence, en s'attaquant aux organes mêmes par l'intermédiaire desquels il l'exerçait. Dès 105, c'est la destruction par Trajan du royaume nabatéen de Pétra. En 216, c'est Alexandrie livrée aux fureurs de Caracalla, et s'épuisant depuis en discordes intestines ou en séditions durement châtiées. En 272-273, c'est la prise, puis le sac de Palmyre par Aurélien. Le rude soldat-empereur put traîner en triomphe derrière lui, en même temps que Zénobie, des Saracènes, des Perses, des Bactriens et des Indiens, et jusqu'à ces Blémyes qui, sortis de la Nubie, menaçaient déjà de fermer la route des ports de la mer Rouge : victoires sans lendemain et politique à courte vue! L'opération, comme on dit aussi bien en style chirurgical que militaire, avait réussi : mais c'était une amputation. Après ce coup de hache porté dans leurs œuvres vives, les relations entre les pays méditerranéens et l'Inde ne feront plus désormais que languir.