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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.57

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.57

Language
French

v3.c16.s2.t4.57

La faute en est-elle d'ailleurs au seul Occident? Par une coïncidence fâcheuse, au moment même où l'Asie romaine se livre sur elle-même à ces mutilations volontaires, l'Inde de son côté se suicide en tant qu'unité collective et retombe dans son émiettement. C'est la loi de son histoire que la périodique reconstruction et désintégration de ses empires, et il n'est pas encore d'exemple qu'aucun d'eux ait duré plus de trois cents ans. Les deux grands royaumes qui s'étaient partagé définitivement l'héritage des Mauryas, au Nord-Ouest celui des Kuṣaṇas, au Sud-Est celui des Andhras, s'écroulent, semble-t-il, au commencement du IIIe siècle, et avec l'abolition de tout grand pouvoir centralisateur s'efface, jusqu'à l'avènement des Guptas vers l'an 320, tout vestige d'histoire. Tout au plus entrevoyons-nous que les descendants des grands Kuṣaṇas continuèrent à tenir la vallée de Kâboul et le Gandhâra, si même ils ne gardèrent quelque suzeraineté, au moins nominale, sur le Penjâb. Non seulement les Annales chinoises cessent à ce moment de projeter aucune lumière dans les ténèbres où nous tâtonnons; mais, comme pour les épaissir encore, la dynastie sassanide, sortie (toujours dans le premier quart du IIIe siècle) d'une violente réaction indigène contre le philhellénisme des Arsacides, commence à étendre entre l'Europe et l'Inde le rideau opaque de son mazdéisme exaspéré.