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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t5.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t5.1

Language
French

v3.c16.s2.t5.1

La décadence est sans doute l'annonciatrice de la fin : toutefois une école peut continuer encore longtemps, si les circonstances s'y prêtent, à vivre d'une vie ralentie, qu'entretient le prestige des œuvres héritées du passé. Combien de temps aura pu se prolonger l'agonie de l'art gréco-bouddhique, à l'ombre des monuments qu'il avait créés? Ainsi que nous commençons à en prendre l'habitude, c'est surtout à des témoignages étrangers que nous devrons le demander. Mais désormais ce n'est plus de l'Occident classique que nous pourrons attendre quelque lumière. Les renseignements qui continuent à se publier sur l'Inde dans le monde méditerranéen ne sont, à partir du IVe siècle, qu'un tissu d'inepties. Nous n'excepterions même pas la *Topographie chrétienne* de Cosmas Indicopleustès (vers 535), si cet ennemi de la rotondité de la terre n'avait consigné quelques informations précises parmi ses absurdes théories. Il est bien évident que le contact s'est perdu, et que le commerce passe de plus en plus entre les mains d'intermédiaires arabes ou persans¹. Si nous entrevoyons quelque chose de l'histoire du Gandhâra, c'est avant tout grâce aux récits de voyage des pèlerins chinois, jusqu'au jour où la parole est prise par un écrivain arabe. C'est là un fait pour nous des plus significatifs. Sans doute les échanges entre l'Empire et l'Inde ne sont pas complètement interrompus; mais voici que cessent définitivement les relations suivies et directes dont nous venons de voir fleurir, au Ier et au IIe siècle de notre ère, les esthétiques résultats. Les destinées, un instant mêlées, de la civilisation gréco-romaine et de l'indienne se séparent à nouveau, et nous n'apercevons plus entre elles aucun rapport, voire même aucun parallélisme qui vaille la peine d'être relevé. Dès lors, et par une conséquence naturelle, il se ferait temps de clore l'histoire de l'art indo-grec, si l'entreprise commencée ne devait être poussée jusqu'à son terme et s'il ne valait la peine de rapporter brièvement les péripéties dont s'accompagna l'inévitable dénouement.